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Cancer du poumon chez les non-fumeurs : la pollution de l’air au banc des accusé

Par Brigitte-Fanny COHEN le 27/09/2022


Brigitte-Fanny COHEN

Chroniqueuse santé

Experte en actu santé, Brigitte-Fanny Cohen écrit chaque jour des chroniques sur les innovations thérapeutiques et les astuces pour venir à bout des maux du quotidien.


Des scientifiques ont découvert comment la pollution de l’air pouvait déclencher des cancers du poumon chez les non-fumeurs : ils ont présenté leur étude lors d’un récent congrès à Paris.

Selon l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), la pollution de l’air serait responsable de 9% des cancers du poumon. En cause : les particules fines de moins de 2,5 microns de diamètre, celles issues notamment des gaz d'échappement ou des incinérateurs de déchets. Si fines qu’elles sont capables de pénétrer au plus profond des bronches, jusque dans les alvéoles. Mais le mécanisme par lequel elles provoquent un cancer n’était pas complètement élucidé. Au congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO), des chercheurs britanniques du Francis Crick Institute (Londres) ont montré de quelle façon elles provoquaient ce cancer, responsable de 250 000 décès chaque année dans le monde.

Le lit du cancer

« Ces chercheurs ont confirmé l’association entre le cancer du poumon chez les non-fumeurs et des zones polluées. Ils ont montré que le gène EGFR est souvent muté chez les non-fumeurs, les femmes et les asiatiques. Ils ont mené des travaux sur des souris, porteuses de cette mutation : quand elles sont exposées à des doses croissantes de pollution, elles développent des cancers du poumon avec un effet dose », explique le Pr Marie Wislez, pneumo-cancérologue, chef de l’unité d’oncologie thoracique de l’hôpital Cochin (AP-HP) à Paris. Exposées à la pollution, certaines cellules pulmonaires sécrètent des substances qui favorisent l’inflammation. « C’est cette inflammation locale qui fait le lit du cancer », ajoute le Pr Wislez. Reste à comprendre pourquoi tous les individus porteurs d’une mutation et exposés à la pollution ne tombent pas systématiquement malades. Existe-t-il des facteurs protecteurs? D’autres études seront nécessaires pour le savoir. En attendant, face à cette démonstration, la balle est dans le camp des politiques : diminuer l’exposition aux particules fines apparaît désormais comme une nécessité urgente.


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