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Le Dry January en perte de vitesse

Par Brigitte-Fanny COHEN le 27/01/2020


Brigitte-Fanny COHEN

Née en 1972, Chroniqueuse santé

Experte en actu santé, Brigitte-Fanny Cohen rédige chaque jour des chroniques sur les innovations thérapeutiques et les astuces pour venir à bout des maux du quotidien.


L’opération « Mois sans alcool » a pris l’eau, sous la pression des lobbies viticoles.

On le sait, les bonnes résolutions du nouvel an ne sont pas faciles à tenir.

Notamment celle de rester sobre, après les excès des fêtes de fin d’année. La campagne « Dry January », calquée sur une initiative anglaise, aurait dû être parrainée par Santé Publique France, un organisme dépendant du Ministère de la santé. « Ce défi de janvier n’a pas résisté à la forte pression des lobbies alcooliers et viticoles. Le gouvernement a reculé.

Le « Dry January » se fera donc sans lui, grâce à des associations motivées. Pourtant, si on s’aperçoit qu’on ne peut pas tenir un mois sans alcool, c’est qu’on souffre peut-être d’une dépendance, nécessitant de consulter un médecin », explique le Dr Laurent Karila, addictologue à l’hôpital Paul Brousse à Villejuif.

Dry January n’a pas pour mission de prôner l’abstinence à perpétuité. Le message a été mal perçu. Un certain nombre de personnalités comme Pierre Arditi et Cyril Lignac sont montées au créneau pour défendre le vin. Certes un bon verre de vin, de temps à autre, ne pose pas de problème. Mais à fortes doses régulières, c’est une autre histoire.


2 millions de Français dépendants de l’alcool


Plusieurs grands noms de la médecine avaient signé une tribune dans le Figaro du 5 mars 2018, intitulée « Vu du foie, le vin est bien de l’alcool », afin de soutenir la Ministre de la santé, Agnès Buzyn qui avait osé s’attaquer - crime de lèse-majesté ! - à ce symbole national en s’attirant les foudres du chef de l’Etat : « C’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky. (…) On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre ».

En effet, que l’on boive un demi de bière (25 cl) à 5°, un verre de vin (10cl) à 12° ou un verre de vodka (3cl) à 40°, la quantité d’éthanol ingurgitée est la même. Et les conséquences sur la santé identiques. Les chiffres sont édifiants : 2 millions de Français sont dépendants de l’alcool. 5 millions présentent une consommation trop élevée. L’Institut National du Cancer recommande de ne pas dépasser 10 verres standards par semaine, et d’observer deux jours d’abstinence.

Faut-il le rappeler ? L’alcool est responsable d’environ 50 000 décès par an dans notre pays, principalement par cancers et maladies cardio-vasculaires. Mais aussi par cirrhose, accident et suicide…

Même si la consommation a fortement diminué depuis 50 ans, elle continue de faire des ravages.


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